L'ECDC a été notifié le 2 mai 2026 d'un cluster de pathologies respiratoires sévères à bord du MV Hondius, un navire de croisière battant pavillon néerlandais. Le bâtiment accueillait passagers et équipage originaires de 23 pays, dont neuf États membres de l'UE/EEE. L'agent identifié est le hantavirus Andes, un orthohantavirus endémique de la cordillère sud-américaine, connu pour provoquer un syndrome cardio-pulmonaire à hantavirus (HCPS) à létalité élevée. Le tableau associe une phase prodromique pseudo-grippale (fièvre, myalgies, céphalées) à une détérioration respiratoire brutale évoluant vers un syndrome de détresse respiratoire aiguë (SDRA) avec choc cardiogénique. La transmission interhumaine, exceptionnelle parmi les hantavirus, a déjà été documentée pour cette souche, ce qui justifie une vigilance particulière en milieu confiné comme un navire. L'ECDC coordonne le suivi des passagers européens et les investigations rétrospectives. Cette alerte s'inscrit dans le bulletin hebdomadaire CDTR couvrant la semaine 21.
Impact pratique. Devant tout syndrome respiratoire sévère inexpliqué chez un patient revenant d'une croisière, surtout en provenance d'Amérique du Sud, le hantavirus Andes doit figurer au diagnostic différentiel aux côtés des étiologies habituelles de SDRA. L'interrogatoire doit explorer systématiquement les croisières récentes, les contacts avec des rongeurs et le séjour en zones rurales sud-américaines. Le signalement immédiat à l'ARS est conseillé pour activer la chaîne de diagnostic spécialisée (CNR Hantavirus) et le suivi des contacts. Les services d'urgence des ports d'attache, ainsi que les médecins de voyage, doivent être informés. Aucune thérapeutique antivirale spécifique : la prise en charge reste symptomatique en réanimation, avec un bénéfice démontré d'un transfert précoce vers un centre disposant d'ECMO.
Contexte. L'antibiorésistance reste une priorité de santé publique inscrite à l'article L.1411-1 du Code de la santé publique. Mayotte, territoire ultramarin à forte pression infectieuse et à démographie médicale tendue, ne disposait pas jusqu'à présent d'une structure dédiée au bon usage des antibiotiques. La création d'un centre régional comble cette absence et inscrit l'île dans le maillage national des centres régionaux en antibiothérapie.
Contenu clé. Le dispositif adopte une approche intégrée visant à préserver l'efficacité des antibiotiques, en cohérence avec la stratégie nationale de santé et les recommandations One Health, qui articulent santé humaine, animale et environnementale. Le centre aura vocation à appuyer les prescripteurs hospitaliers et libéraux, à diffuser des recommandations adaptées au contexte épidémiologique mahorais, à animer la formation continue et à structurer la surveillance des consommations et des résistances. Il s'agit d'une première structurante pour ce territoire ultramarin, présentée comme transposable à terme aux autres DROM.
Impact pratique. Pour les prescripteurs exerçant à Mayotte, le centre constituera un point d'appui pour les avis d'antibiothérapie complexes, les protocoles de désescalade et la formation aux situations cliniques fréquentes localement (infections cutanées, urinaires, néonatales). Pour les autres DROM, c'est un modèle organisationnel à observer : la structuration régionale d'un appui antibiothérapique peut être adaptée à des contextes insulaires comparables. Les médecins libéraux ont intérêt à se rapprocher du centre dès son ouverture pour bénéficier de son expertise.
À l'occasion de sa troisième participation à SantExpo, l'ARS Martinique présente la PRCCTS, une plateforme régionale centralisée de commande des transports sanitaires. L'objectif : rationaliser et centraliser les commandes à l'échelle de l'archipel, améliorer la coordination entre établissements, transporteurs et patients, et garantir un accès aux soins plus fluide pour les Martiniquais. Le dispositif répond aux contraintes spécifiques d'un territoire insulaire où l'optimisation des trajets sanitaires conditionne directement la continuité des parcours. La centralisation permet d'éviter les doublons de commande, de mieux affecter les véhicules en fonction des urgences et de tracer les flux à des fins de pilotage. L'initiative illustre la capacité des territoires ultramarins à produire des solutions adaptées à leurs contraintes spécifiques, qui répondent aussi à des problématiques observées en l'Hexagone.
Transposable ? La PRCCTS peut inspirer les CPTS hexagonales et les ARS confrontées à une fragmentation des commandes de transport sanitaire, poste de dépense souvent sous-optimisé. Conditions de réussite : un portage régional clair, l'adhésion des établissements et des transporteurs, et un outil numérique partagé. Présenter ce modèle aux fédérations hospitalières et aux CPTS engagées dans la coordination territoriale.
Face aux enjeux de santé du territoire réunionnais (prévention, santé environnementale, accès aux soins, modernisation et transformation de l'offre de santé et médico-sociale), l'ARS La Réunion fait évoluer en profondeur son organisation interne. Cette réorganisation vise à mieux répondre aux besoins d'une population confrontée à des défis épidémiologiques et démographiques spécifiques, dans un contexte insulaire marqué par des inégalités de santé persistantes. La réorganisation d'une ARS n'est jamais purement technique : elle préfigure les nouvelles priorités d'orientation des financements et des partenariats. Pour les professionnels de santé, qu'ils soient hospitaliers, libéraux ou médico-sociaux, lire ces évolutions revient à anticiper les appels à projets, les contractualisations et les axes de prévention qui seront soutenus dans les mois à venir.
Exemples concrets. La réorganisation s'articule autour des axes prévention, santé environnementale, accès aux soins et transformation de l'offre, ce qui suggère des priorités opérationnelles renforcées sur ces volets. Les acteurs réunionnais déjà positionnés sur la santé environnementale (qualité de l'eau, arboviroses, leptospirose) ou la transformation médico-sociale ont intérêt à actualiser leurs interlocuteurs au sein de l'agence. Les fédérations hospitalières et les URPS gagneront à demander un point d'étape rapide.
Enjeu déontologique. Toute réorganisation administrative interroge la continuité du dialogue avec les acteurs de terrain. Les professionnels de santé doivent veiller à ce que la fluidité des circuits de signalement, des autorisations et des contractualisations ne soit pas dégradée pendant la phase de transition, en particulier sur les sujets sensibles (santé mentale, soins palliatifs, alertes épidémiques).
Depuis début 2026, La Réunion connaît une recrudescence marquée de la leptospirose, avec un nombre de cas dépassant nettement les niveaux habituellement enregistrés en saison des pluies. L'ARS La Réunion appelle à la prudence et renforce la prévention, la vigilance clinique et la mobilisation des professionnels de santé. La leptospirose est une zoonose bactérienne transmise par contact avec des eaux douces ou des sols contaminés par les urines d'animaux infectés, principalement les rongeurs. Le tableau clinique initial, peu spécifique, associe fièvre élevée, myalgies, céphalées et parfois ictère, ce qui peut faire errer le diagnostic. L'évolution peut se faire vers des formes graves : insuffisance rénale aiguë, atteinte hépatique, syndrome hémorragique, voire défaillance multiviscérale. La maladie fait l'objet d'une déclaration obligatoire en France. Le contexte réunionnais, marqué par des activités de loisirs aquatiques, le jardinage et l'élevage, expose une part importante de la population, en particulier les travailleurs agricoles et les personnes en contact avec des eaux stagnantes.
Enjeu local. Devant tout syndrome fébrile avec myalgies après contact hydrique, les médecins réunionnais doivent évoquer la leptospirose en première intention et débuter rapidement une antibiothérapie probabiliste (amoxicilline ou doxycycline selon le terrain), sans attendre la confirmation biologique. L'éducation des patients exposés (port de bottes, gants, couverture des plaies, élimination des rongeurs) reste un levier majeur de prévention.
En Guadeloupe, la circulation virale de la dengue continue de s'intensifier au sein de l'archipel. Les passages aux urgences pour syndrome évocateur de dengue sont en augmentation, signal d'une dynamique épidémique active. Cette situation s'inscrit dans le contexte plus large de la circulation arbovirale dans l'arc antillais, où les vecteurs Aedes aegypti et Aedes albopictus restent abondants. Les médecins de premier recours et les urgentistes sont en première ligne pour le diagnostic, qui repose sur le faisceau clinique (fièvre élevée d'apparition brutale, céphalées rétro-orbitaires, myalgies, éruption) et la confirmation biologique (NS1, sérologie, RT-PCR selon la chronologie). Les signaux d'alerte de passage en forme sévère (douleurs abdominales, vomissements persistants, saignements, léthargie, hépatomégalie, augmentation rapide de l'hématocrite avec chute des plaquettes) imposent une hospitalisation. La prise en charge symptomatique repose sur le paracétamol et l'hydratation. Les AINS et l'aspirine sont contre-indiqués devant toute fièvre suspecte en zone de circulation active, en raison du risque hémorragique.
Application en France. Pour l'ensemble des praticiens des Antilles françaises (Guadeloupe, Martinique, Saint-Martin, Saint-Barthélemy), la vigilance diagnostique doit être renforcée. En l'Hexagone, la circulation autochtone documentée du moustique tigre justifie un réflexe arbovirose chez tout patient fébrile au retour d'un séjour caribéen. La déclaration des cas confirmés à l'ARS et à Santé publique France reste indispensable au pilotage épidémique.
La présence du moustique tigre (Aedes albopictus) fait partie des enjeux de santé publique croissants en Bourgogne-Franche-Comté. Ce vecteur potentiel des virus de la dengue, du chikungunya et du zika est désormais implanté dans les huit départements de la région depuis 2024. L'ARS Bourgogne-Franche-Comté rappelle la nécessité d'une vigilance partagée entre habitants, collectivités et professionnels de santé. L'implantation pérenne d'Aedes albopictus dans une région autrefois épargnée illustre l'extension géographique progressive du vecteur sur le territoire hexagonal. Les arboviroses, longtemps considérées comme des pathologies d'importation ou propres aux territoires ultramarins, deviennent une réalité diagnostique pour les médecins de l'Hexagone, en particulier durant la période d'activité du moustique (mai à novembre). La prévention combine destruction des gîtes larvaires (eaux stagnantes domestiques), protection individuelle (répulsifs, vêtements couvrants) et signalement précoce des cas suspects pour déclencher une enquête entomologique.
Action pratique. Les médecins de Bourgogne-Franche-Comté, comme ceux d'autres régions tempérées désormais colonisées, doivent intégrer les arboviroses dans leur diagnostic différentiel estival devant tout syndrome fébrile, surtout au retour de zones tropicales. Le signalement rapide à l'ARS d'un cas suspect (dengue, chikungunya, zika) reste le point d'entrée du dispositif anti-vectoriel renforcé. Côté patients, rappeler les gestes simples : vider coupelles, vases, gouttières et tout réceptacle d'eau autour de l'habitat.
L'Agence de santé de Guadeloupe, Saint-Martin et Saint-Barthélemy lance un appel à manifestation d'intérêt (AMI) visant à soutenir la mise en œuvre de prestations de suppléances à domicile du proche aidant et de séjours de répit aidants-aidés, dans un cadre dérogatoire au droit du travail. L'objectif est de structurer une offre encore embryonnaire en outre-mer, où le rôle des aidants familiaux est central dans la prise en charge des personnes âgées dépendantes, des personnes en situation de handicap et des patients atteints de maladies chroniques évoluées. Le répit, reconnu comme un déterminant de la santé des aidants eux-mêmes (épuisement, isolement, dégradation somatique et psychique), reste insuffisamment formalisé dans les DROM, où les ressources médico-sociales sont moins denses qu'en l'Hexagone. L'AMI ouvre un espace d'expérimentation pour les opérateurs associatifs, médico-sociaux et libéraux désireux de proposer des solutions adaptées au contexte antillais.
Recours disponibles. Les professionnels de santé libéraux peuvent dès à présent identifier, parmi leur patientèle, les aidants en situation d'épuisement et les orienter vers les futurs dispositifs guadeloupéens lorsqu'ils seront opérationnels. Au niveau national, les plateformes d'accompagnement et de répit des aidants (PFR) et le droit au répit inscrit dans la loi d'adaptation de la société au vieillissement restent mobilisables.
Nouvelle option thérapeutique recommandée par le CHMP de l'EMA en mai 2026 pour le traitement de la fibrose pulmonaire idiopathique (FPI) et des fibroses pulmonaires progressives. Le nerandomilast est un inhibiteur sélectif de la phosphodiestérase 4B (PDE4B) à visée antifibrosante et anti-inflammatoire. Il vient compléter l'arsenal thérapeutique limité existant et s'ajoutera, après obtention de l'AMM définitive, aux discussions de RCP pneumologie pour les patients en échec ou intolérants aux antifibrotiques actuels.
Élargissement des options thérapeutiques dans une pathologie au pronostic défavorable, avec un mécanisme d'action complémentaire des antifibrotiques de référence.
Tableau de bord épidémiologique hebdomadaire de l'ECDC, le CDTR couvre les principales menaces infectieuses pour l'UE/EEE : hantavirus, chikungunya, Ebola, grippe aviaire, rougeole et virus respiratoires. Le numéro de la semaine 21 (14-22 mai 2026) intègre notamment l'alerte hantavirus Andes sur navire de croisière. Outil de veille indispensable pour les services de maladies infectieuses, les urgentistes, les médecins de voyage et les cellules de veille hospitalières souhaitant anticiper l'arrivée de pathologies importées.
Synthèse hebdomadaire fiable, en accès libre, des menaces infectieuses européennes et internationales, structurée par pathologie.
Plateforme régionale centralisée de commande des transports sanitaires, présentée à SantExpo 2026. Elle agrège, à l'échelle d'un territoire insulaire, les demandes de transport sanitaire des établissements et permet une affectation optimisée des véhicules. Utile comme référence organisationnelle pour les CPTS, les groupements hospitaliers et les ARS hexagonales souhaitant mutualiser un poste de dépense souvent sous-optimisé. À étudier avant de répliquer dans d'autres DROM ou bassins de santé hexagonaux.
Coordination améliorée, réduction des doublons de commande, meilleur pilotage des flux et accès aux soins fluidifié.
Nouvelle structure régionale appuyant les prescripteurs sur le bon usage des antibiotiques, dans un contexte ultramarin à forte pression infectieuse. Le centre s'inscrit dans la stratégie nationale d'antibiorésistance et l'approche One Health, et a vocation à diffuser des recommandations adaptées, à organiser de la formation continue et à structurer la surveillance des consommations et résistances locales. Ressource professionnelle clé pour les prescripteurs hospitaliers et libéraux de Mayotte.
Appui d'expertise antibiothérapique de proximité, recommandations contextualisées et formation continue locale.
Compte rendu mensuel du Comité des médicaments à usage humain de l'EMA, recensant pour mai 2026 huit nouvelles recommandations d'AMM, dont Jascayd (nerandomilast) pour les fibroses pulmonaires et Boey (trenibotulinumtoxinE, AbbVie). Document de référence pour les pharmaciens hospitaliers, les commissions du médicament et les prescripteurs souhaitant anticiper l'arrivée des nouvelles molécules en France. Permet de préparer en amont les protocoles d'utilisation et les discussions de RCP.
Visibilité anticipée sur les nouvelles molécules européennes avant leur AMM définitive et leur arrivée en France.
Le concept One Health, porté par l'OMS, la FAO, l'OMSA et le PNUE, postule que la santé humaine, animale et environnementale forment un continuum indissociable. L'épisode hantavirus Andes sur navire de croisière en est l'illustration parfaite : un orthohantavirus dont le réservoir est un rongeur sud-américain, transmis dans un environnement confiné, touche des passagers de 23 pays. La leptospirose réunionnaise, les arboviroses véhiculées par Aedes albopictus de Bourgogne-Franche-Comté aux Antilles, ou encore l'antibiorésistance à Mayotte, relèvent tous de ce cadre. Pour les professionnels de santé, intégrer One Health revient à interroger systématiquement les expositions environnementales, animales et alimentaires dans l'anamnèse, et à dialoguer plus étroitement avec vétérinaires et acteurs de santé environnementale.
Formule creuse qui masque souvent l'absence de coordination réelle entre professionnels. L'optimisation est rarement objectivée par des indicateurs partagés.
À la place : Coordination effective entre professionnels, avec indicateurs mesurables (délais, ruptures de parcours, retours d'hospitalisation).
D'ici le 1er septembre 2026, au moins un DROM aura officiellement étendu son dispositif de surveillance arbovirale à la co-circulation dengue/chikungunya/zika avec alerte numérique en temps réel pour les services d'urgence.
La dynamique dengue en Guadeloupe, la pression arbovirale antillaise et la réorganisation de l'ARS La Réunion convergent vers une montée en charge des dispositifs de surveillance numérique. Plusieurs ARS ultramarines disposent déjà des briques techniques nécessaires.
La PAHO alerte sur la progression de la mortalité par suicide chez les 15-29 ans dans toute la région Amériques-Caraïbe et appelle à un renforcement urgent de la prévention. Signal pertinent pour les pédiatres, médecins scolaires et généralistes des DROM : un dépistage systématique de la souffrance psychique chez les adolescents et jeunes adultes est recommandé en consultation.
SourceL'EMA a recommandé l'octroi d'une AMM dans l'Union européenne pour Jascayd (nerandomilast) chez l'adulte atteint de fibrose pulmonaire idiopathique ou de fibrose pulmonaire progressive. Bonne nouvelle pour les pneumologues : la molécule élargit l'arsenal thérapeutique des fibroses pulmonaires progressives et entrera en discussion de RCP dès l'obtention de l'AMM européenne définitive.
SourceL'ARS La Réunion et le Collectif de lutte contre la dénutrition organisent un webinaire préparatoire à la Semaine nationale de la dénutrition, le jeudi 25 juin 2026. La dénutrition touche plus de 2 millions de personnes en France, de l'enfant à la personne âgée. Un dépistage systématique (MNA, NRS-2002) chez les populations vulnérables reste la clé.
SourceUne session ouverte à tous les professionnels de santé pour préparer la mobilisation sur la dénutrition, pathologie qui touche plus de 2 millions de personnes en France.